Pourriez-vous nous faire une brève présentation de votre fonction au sein de l’AF et de la structure de l’AF dans le monde ?
Le directeur a la charge d’un établissement qui appartient au réseau des Alliances Françaises présent dans 136 pays avec plus de 1040 centres. L’objectif de ces établissements est de diffuser la langue et la culture françaises sur tous les continents. Pionnière dans le domaine de l’enseignement du français aux étrangers, l’Alliance Française a inauguré des pratiques pédagogiques tenant compte de la langue maternelle et des modes d’apprentissage de chaque public. Ces méthodes conjuguent approche classique et ouverture aux nouveaux modes de communication. Les Alliances françaises cherchent à tisser ou resserrer les liens entre la France et les autres pays par le biais d’échanges culturels : conférences, expositions ou encore créations artistiques et spectacles vivants. Elles doivent également leur réussite à une insertion remarquable dans le tissu social.. Ainsi, le réseau des Alliance porte l’image d’une France ouverte au dialogue avec toutes les cultures du monde. C’est également une passerelle importante pour les étudiants étrangers qui souhaitent venir faire leurs études en France.
Depuis quand l’Alliance Française (AF) est-elle implantée en Chine et à Canton et quelles ont été les évolutions dans son travail pour promouvoir la langue et la culture françaises ?
Dès le début de la création du réseau mondial des Alliances Françaises, quelques comités se créent à Pékin, Shanghai, Canton et Tianjin, puis à Fuzhou et à Qingdao, au début du vingtième siècle.
Cependant, à la fin des années 1940, la seconde guerre mondiale désorganise le réseau et les Alliances Françaises disparaissent progressivement du territoire chinois.
L’Alliance française de Hong Kong est fondée en 1953 et connaît rapidement un grand succès. Par la suite, l’Alliance française de Macao est créée en 1967. A partir de 1989, les autorités chinoises souhaitent ouvrir le champ éducatif à une coopération avec les pays étrangers. La création des Alliances françaises reprend, en commençant par Canton en 1989 puis Shanghai (1993) et Pékin (1996).
Au total, le réseau chinois compte aujourd’hui 14 Alliances françaises. Une 15ème Alliance française sera bientôt inaugurée à Tianjin.
L’anniversaire de la francophonie est célébré dans le monde entier le 20 mars chaque année, quel est le rôle de l’AF dans le cadre de cet événement ?
Les Alliances françaises de Chine participent chaque année à cet événement en organisant un certain nombre de manifestations universitaires et culturelles. A Canton, l’Alliance française s’associe avec le Consulat général de France et les consulats généraux de Belgique, du Canada et de Suisse pour offrir un programme intitulé « Quinzaine de la Francophonie » qui a pour objectif de présenter la francophonie sous tous ses aspects en s’adressant notamment aux étudiants. Rappelons que les Alliances françaises de Chine ont un statut original parmi le réseau mondial des Alliances Françaises car elles relèvent du statut des écoles de coopération sino-étrangère, régi par le règlement des écoles de coopération sino-étrangère de mars 2003. Elles sont donc le fruit d’une coopération fructueuse entre des universités chinoises prestigieuses et la Fondation Alliance Française, afin de créer des écoles d’excellence d’enseignement du français.
Vous semble-t-il exact d’affirmer que le partage d’une langue comme le français crée un sentiment de communauté parmi les locuteurs, au-delà des différences culturelles qui persistent ?
Depuis plus d’un siècle, l’Alliance française fait vivre un projet ambitieux : étendre la langue et la culture française par-delà les frontières. Un réseau d’associations implantées dans le monde entier et bénéficiant du label Alliance diffuse la langue française auprès de publics étrangers. Cette longévité et cette vitalité exceptionnelles tiennent en grande partie aux liens étroits tissés avec les citoyens des pays d’accueil. Or, ces liens fondés sur le partage d’une langue ont justement pour effet ce sentiment de communauté qui facilite non seulement la communication courante mais aussi nourrit les échanges de vues et contribue au rapprochement entre les locuteurs.
L’AF vous semble-t-elle une structure représentative de la communauté francophone dans le monde et comment contribue-t-elle à créer ce lien qui unit les francophones ?
L’originalité de l’Alliance française réside dans ses missions qui consistent à développer tout à la fois l’enseignement de la langue française et le goût des cultures francophones dans le monde. Ces deux missions fondamentales, associées à la promotion des artistes et des cultures locales, constituent bien une proposition « d’alternative culturelle ». Parce que la découverte de la langue française passe nécessairement par la découverte de cette « alternative culturelle », les Alliances françaises de Chine organisent très régulièrement de nombreuses activités. La programmation du réseau se veut à l’image de la culture francophone contemporaine : riche et variée, ouverte aux dialogues et aux échanges.
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